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Nicolas Deleau quoting in February 2017 my book The Secret ot the West in his economics master thesis at University of Louvain (Belgium) on the topics of development help.
(Nicolas Deleau: « L’Aide au développement: des enjeux cachés ? », Master en Sciences politiques/Administration publique, Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication (ESPO), Ecole des Sciences Politiques et Sociales (PSAD), Université catholique de Louvain (Belgique), promoteur Pierre Grega, 17 février 2017, 69 pages, p.14)

Safety copy of internet version: January 2018. PDF doc. Source.
A Theory of Science

Cosandey




Nicolas Deleau:
« L’Aide au développement: des enjeux cachés ? »
17 février 2017


Extrait: pages 13 à 16





(...)

D. Théories mobilisées : Théorie de la dépendance, théorie de l’échange inégal et théorie de l’impérialisme

d.1. La théorie de la dépendance :

La théorie de la dépendance met en avant le fait que la pauvreté et le sous-développement des pays du Sud, causés par le passé colonialiste, provoque une dépendance économique des pays du Sud vis-à-vis des pays du Nord. Pourtant, les pays riches auraient besoin des pays pauvres pour assurer leur propre croissance.

Le fondateur le plus connu de cette théorie est André Gunder Frank, économiste germano-américain.

d.2. La théorie de l’échange inégal :

Le philosophe Emmanuel Fournier a écrit ceci en 2002 dans « L’abécédaire des sciences humaines » : « Selon la « théorie de l’échange inégal », l'Occident aurait appauvri les pays du tiers-monde en ne payant pas les matières premières et l'énergie dont ces pays sont producteurs à leur juste prix. D'après l'économiste Raul Prebisch, l'indice des prix des produits primaires aurait connu entre 1878 et 1938 une baisse de 43 % par rapport à celui des produits manufacturés ; ce qui aurait pour conséquence l’enrichissement des pays occidentaux au détriment de ceux de la périphérie, de plus en plus pauvres. »

Ces deux théories sont, néanmoins, controversées.

d.3. Critique de la théorie de la dépendance

« La théorie de la dépendance » n’accorderait pas assez d’importance dans le rôle joué par les dirigeants et les responsables politiques dans la situation de sous-développement de ces pays. Selon les détracteurs de cette théorie, la corruption et l'absence de culture de compétition commerciale devraient être prises en compte. Il n’empêche pas que cette critique soit loin d’invalider cette théorie, car la critique met en avant le fait que la théorie ne prend pas assez de facteurs en compte, mais ne dément en rien que les pays riches auraient besoins des pays pauvres pour assurer leur croissance.

d.4. Critique de la théorie de l’échange inégal

Quant à la théorie de « l’échange inégal », on peut lire, dans un article intitulé « Comment nommer les pays pauvres ? » provenant du magazine « sciences humaines » de septembre 2002, que des économistes ont démontré qu’elle reposait sur des erreurs de calcul.

On peut y lire plus particulièrement ceci : « Bairoch, historien économiste, en est arrivé à la conclusion que « en termes d'échanges nets, c'est-à-dire de prix des produits, la situation des pays du Sud non seulement ne s'est pas dégradée, mais s'est relativement améliorée entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle ». 29

Il n’empêche que, même si la situation des pays du Sud s’est améliorée, cela ne veut en rien dire que les pays occidentaux ont payé et paient les matière premières et l’énergie africaine à juste prix. De plus il est incontestable qu’à partir des années 50, les produits primaires n'ont cessé de perdre en valeur par rapport aux produits manufacturés. 30 .

Notez que ces informations datent de 2008 et que depuis 2010, il y a eu des périodes de redressement.

d.5. Théorie de l’impérialisme/Théorie culturaliste:

Lénine a développé la théorie de l’impérialisme qui explique que « L'impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s'est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l'exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s'est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes » (31).

Jacques Brasseul, économiste français, écrivant principalement sur l’économie du développement et l’histoire économique, met en évidence le fait que : « Les causes précèdent les effets. En l’occurrence le colonialisme, prétendue cause, a suivi l’effet : le sous-développement, qui lui est antérieur de plusieurs centaines, sinon plusieurs milliers d’années » (32).

Brasseul oppose donc Lénine et sa « théorie de l’impérialisme » à Marx, qui développait l’idée que le colonialisme était nécessaire pour qu’un pays sous-développé entre dans la modernité en se basant sur les principes de la théorie culturaliste ; et rejette, néanmoins, ces deux théories.

Il explique, notamment en se servant de la démonstration par la géographie de David Cosandey, historien, géographe et géopolitologue suisse, que le retard des pays sous-développés n’est pas lié à l’aspect culturel mais, plus précisément, aux aspects géographiques et aux difficultés de navigation et d’ouverture vers l’extérieur.


Brasseul s’exprime aussi sur la « théorie de l’échange inégal » en utilisant un aphorisme de Joan Robinson, économiste britannique : « La misère d’être exploité par les capitalistes n’est rien comparée à la misère de ne pas être exploité du tout » (33).

Il est cependant important de constater un certain cynisme dans ses citations (relativisation des conséquences du colonialisme, défense de ce qu’il appelle lui-même « exploitation »).

De plus, les théories mises en avant par Brasseul n’invalident en rien la théorie de l’impérialisme, ni même la théorie culturaliste d’ailleurs. On peut par contre éventuellement constater que la théorie culturaliste telle que vue par Marx n’était pas totalement valide, bien que la colonisation ait permis à l’Afrique de se moderniser, elle aurait très bien pu s'en passer en évitant les conséquences négatives qui en découlent.

Michel Herland, docteur en sciences économiques et membre du comité éditorial du site « mondesfrancophones.com » s’est exprimé en 2008 sur le livre de Jacques Brasseul « Introduction à l’économie de développement (édition de 2008) » : « Les critiques à l’encontre de l’aide au développement ne manquent pas : transformation de peuples entiers en assistés chroniques, financement d’équipements improductifs (les fameux « éléphants blancs »), renforcement de gouvernements corrompus et inefficaces qui captent par ailleurs la majeure partie de l’aide au détriment de ceux qui en auraient le plus besoin, découragement de la production locale par l’aide en nature… »

Il semble donc logique que certains Africains eux-mêmes en viennent à réclamer la fin de l’aide internationale mais pourraient-ils vraiment s’en passer ?

(...)



31 LENINE Vladimir Ilitch, « L'impérialisme, stade suprême du capitalisme », éditions de Pékin, p.106

32 BRASSEUL Jacques, « Introduction à l’économie du développement, 3ème édition augmentée, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus », 2008, 372 p

33 HERLAND Michel, « Introduction à l’économie du développement » de Jacques Brasseul », 18/02/2008.






Created: 28 Jan 2018 – Last modified: 03 Feb 2018